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You Are Here: Home » HAITI » Sante: Le chikungunya, qu’est-ce que c’est ?

Le Ministere de la sante publique et de la population (MSPP) a lance la semaine derniere une vaste campagne nationale de fumigation pour eradiquer la proliferation des moustiques porteurs des germes des maladies comme le Chikungunya. Haiti Press Network vous presente ci-dessous une fiche technique de cette maladie qui ravage le pays ces derniers jours.

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1.- Qu est-ce que c est ?

Le chikungunya est un arbovirus transmis a l homme par la piqure d un moustique du genre Aedes, principalement Aedes aegypti.
C est une maladie qui peut aussi etre transmise par une mere infectee a son nouveau-ne (transmission materno-neonatale).

Le virus chikungunya est connu depuis les annees 1950, periode durant laquelle il a provoque des epidemies importantes en Asie du Sud-est et en Inde.
Il a refait parler de lui recemment en raison d epidemies “explosives” qui ont notamment touche les iles de l Ocean Indien en 2005 et 2006, puis l’Inde, et au cours desquelles des millions de cas ont ete recenses. A la Reunion et a Mayotte, l infection a touche plus d un tiers de la population.
Le chikungunya a la reputation d etre une maladie benigne mais il a ete implique dans des deces.

2.- Quelle repartition geographique ?
Le chikungunya sevit dans les iles de l’Ocean Indien (Reunion, Mayotte, Grandes Comores, Madagascar, Maldives, Ile Maurice, Seychelles) et en Asie (Inde, Pakistan, Sri Lanka, Malaisie, Indonesie, Laos, Cambodge, Chine…).
Des epidemies de chikungunya ont aussi ete observees dans le passe ou recemment dans differents pays d’Afrique du Nord (Egypte), de l’Est (Tanzanie, Benin, Burundi, Kenya, Soudan, Ouganda), de l’Ouest (Nigeria, Senegal), Centrale (Republique Centrafricaine, Congo, Guinee Equatoriale, Gabon) ainsi qu’en Afrique du Sud, au Malawi et au Zimbabwe. La maladie a egalement frappe en Nouvelle-Caledonie.
Le chikungunya n’epargne pas l’Europe. Des cas sont survenus en Italie en 2007 et dans le sud-ouest de la France en 2010 chez des personnes piquees par un moustique implante localement (Aedes albopictus)

3.- Comment cela se passe-t-il ?
Chez des animaux de laboratoire, des chercheurs ont constate que le virus se multiplie dans les tissus lymphoides, les muscles, les articulations, le foie et le systeme nerveux central.
Chez l’homme, il passe rapidement dans le sang. On l’a egalement retrouve dans le liquide cephalo-rachidien de malades presentant une encephalite (infection du cerveau).
Le virus chikungunya entraine egalement la production d’anticorps specifiques.

4.- Quels symptomes ?
La periode qui s’ecoule entre la piqure de moustique infectante et l apparition des premiers signes de la maladie (incubation) est de deux a six jours.
Les personnes infectees peuvent ne presenter aucun symptome.
Quand le chikungunya est symptomatique, il debute de facon soudaine par une fievre generalement elevee, associee a des douleurs articulaires (arthralgies) intenses et a une eruption cutanee transitoire.
Ces signes s accompagnent parfois de douleurs musculaires (myalgies), de cephalees, de troubles digestifs (nausees, vomissements, perte d appetit), de petites hemorragies et de lesions de la peau (troubles de la pigmentation).
La maladie peut donner des formes severes. Quelques deces sont meme survenus chez des patients infectes.
Le chikungunya est une maladie handicapante non seulement a cause des douleurs mais aussi du fait d une grande fatigue qui touche pres de la moitie des malades. Chez certains patients, les manifestations cliniques, en particulier rhumatologiques, persistent pendant plusieurs mois, voire plusieurs annees.
Le diagnostic biologique du chikungunya repose sur la detection du virus ou de son ADN (technique PCR) et/ou la mise en evidence des anticorps specifiques dans le sang (serologie).

5.- Quel traitement ?
Il n’existe pas de medicaments efficaces contre le virus du chikungunya. Le traitement de la maladie est donc uniquement symptomatique.
A la phase aigue, il repose principalement sur l’administration de medicaments contre les douleurs (antalgiques) et d’anti-inflammatoires non steroidiens.
L’aspirine doit etre evitee a cause du risque d’hemorragies.

6.- Quelle prevention ?
Il n’y a pas de vaccin contre le chikungunya. La destruction des moustiques vecteurs est indispensable pour interrompre le cycle de transmission de la maladie.
Chez les voyageurs, le Comite des maladies liees aux voyages et d’importation (CMVI) indique que la prevention des maladies à transmission vectorielle, dont fait partie le chikunguyna, repose essentiellement sur la protection individuelle contre les piqures de moustiques (recommandations 2011).
Cette protection personnelle anti-vectorielle passe par l’utilisation de vetements impregnes d’insecticides et de repulsifs cutanes. Pour les jeunes enfants, avant l’age de la marche, les experts conseillent de munir les berceaux et les poussettes de moustiquaires impregnees d’insecticides, methode qui “reste la plus efficace.”
D’autres moyens de lutte contre le vecteur sont utiles : la pulverisation de “bombes” insecticides dans les habitations, l’utilisation de diffuseurs d’insecticides electriques a l’exterieur et la mise en place de grillages anti-moustiques aux portes et aux fenetres.
En revanche, les bracelets anti-insectes ainsi que les autres methodes proposees dans le commerce (appareils sonores a ultrasons, vitamine B1, homeopathie, raquettes electriques, rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide) sont inefficaces. De meme la ventilation et la climatisation sont insuffisantes pour assurer a elles seules une protection efficace.

7.- Quels repulsifs cutanes ?
A l’heure actuelle, il est recommande d’utiliser uniquement des produits a base de DEET, de picaridine, d’IR3535 ou de citriodol, a des concentrations bien precises : 30-50 % pour le premier, 20-35 % pour la picaridine, 20-30 % pour l’IR3535 et 20-30 % pour le citriodol.
Les huiles essentielles ne doivent pas etre utilisees pour se proteger contre les piqûres de moustiques (risque allergique et photosensibilisant).
Les personnes qui veulent utiliser une creme solaire doivent attendre vingt minutes avant d’appliquer le repulsif. Pour etre efficaces, les repulsifs cutanes doivent etre appliques en respectant les regles de la notice d’utilisation.
Les femmes qui allaitent peuvent utiliser ce type de produits a condition, toutefois, de ne pas en appliquer sur leurs seins et de les laver avant d’allaiter leur bebe.
Chez les enfants, les repulsifs cutanes peuvent etre utilises des l’age de six mois.
Chez les bebes plus jeunes comme chez les femmes enceintes, on recommande de privilegier les moustiquaires imprégnees d’insecticides.

8.- Quelle specialite concernee ?
Maladies infectieuses et tropicales. Exercee le plus souvent a l’hopital, cette specialite etudie et prend en charge les maladies dues aux microbes : bacteries (tuberculose, infections cutanees), virus (SIDA, hepatites), champignons (mycoses), parasites (paludisme). La plupart de ces maladies existent en France metropolitaine, mais elles sont plus presentes encore en milieu tropical.
Aujourd’hui, avec la multiplication des voyages et en raison des modifications climatiques, les maladies tropicales sont de plus en plus frequentes dans les hopitaux.

Source : Le Figaro.fr / HPNHaiti
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